par

Les problématiques de développement durable impliquent souvent des questions controversées engageant un nombre parfois impressionnant de parties prenantes. Dans ce contexte, la résolution de certaines problématiques peut sembler inimaginable.

Pour pallier à ce type de situation, le REDD a exploré la voie d’une nouvelle forme d’engagement durable des parties prenantes qualifiée de dialogue civique.

Les dialogues civiques se définissent comme une forme efficace de discussion publique, capables de réaliser des changements fondamentaux. Les participants au dialogue sont des citoyens ordinaires et parfois aussi des représentants d’organisations (p. ex. des entreprises et des membres du gouvernement). Les dialogues étant fondés sur l’éducation et la compréhension, ils produisent ainsi des résultats réfléchis et novateurs.

Aussi, étant donné qu’ils sont ancrés dans des processus démocratiques, les dialogues civiques bénéficient de l’approbation sociale et de légitimité. Ils utilisent des techniques permettant aux gens d’aborder des questions controversées, telles que les questions de développement durable, de façon moins conflictuelle. Les dialogues civiques peuvent fonctionner à toutes les échelles, que ce soit au niveau local, national ou mondial. Ils peuvent se limiter à des questions précises (p. ex. les espaces verts à Montréal) ou générales (p. ex. réduire la consommation au Canada). Le dialogue civique vise essentiellement à créer une compréhension mutuelle permettant aux personnes de mieux comprendre un enjeu et les points de vue de chacun.

Au cours des prochaines semaines, nous vous partagerons certains exemples vécus de dialogues civiques ayant justement permis de développer une compréhension mutuelle de problématiques larges impliquant une grande variété d’acteurs.

Pour en apprendre plus sur ce que représente le dialogue civique, consultez notre rapport complet sur la question.

Exemple 1 : Les Plans nationaux de politiques environnementales aux Pays-Bas

Dans les années 1980, les Pays-Bas ont choisi de délaisser la réglementation environnementale fondée sur le contrôle réglementaire pour fixer des objectifs environnementaux stratégiques sous la forme d’un Plan national de politique environnementale, ou PNPE. Le PNPE était le résultat d’un consensus national sur les objectifs environnementaux.

La logique derrière le plan était que tous les acteurs de la société, y compris les entreprises, le gouvernement, les ONG et les citoyens, devraient participer à l’établissement des objectifs nationaux et régionaux en matière d’environnement. En effet, si tout le monde participe à la définition des objectifs, tout le monde devrait également se sentir responsable d’atteindre ces objectifs en adoptant des politiques et des comportements en particulier.

À l’occasion du premier PNPE en 1989, cinq tables rondes ont été organisées avec des représentants de l’industrie, d’ONG, d’organismes de consommateurs, de groupes patronaux et de syndicats. Chaque table ronde a fixé ses propres cibles en vue d’atteindre les objectifs nationaux et élaboré ses propres politiques en vue d’atteindre ces cibles. Une fois les cibles nationales en place, les municipalités ont supervisé l’engagement des citoyens pour faire appliquer ces politiques. Dans plusieurs villes, les représentants de l’industrie et les citoyens se sont rassemblés pour participer à des dialogues organisés par l’État afin de créer une vision commune pour les principaux objectifs environnementaux.

Source : Hofman, P. (1998). Public participation in environmental policy in the Netherlands.
TDRI Quarterly Review, 13(1) : 25–30.