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Tout accident industriel n’a pas le même type d’impact sur l’environnement. On considère qu’un accident entraînant des modifications dans l’écosystème telle la disparition d’animaux  ou de végétaux est un accident environnemental. Depuis que des agences de notation financières se sont  spécialisées dans l’évaluation environnementale des entreprises, ce type d’accident peut avoir des impacts négatifs sur les marchés financiers.

Les chercheurs Karima Bouaiss, Jean-Philippe Lafontaine et Jean-Laurent Viviani, de l'Institut d’Administration des Entreprises Faculté de Droit, d’Economie et de Sciences Sociales, Tours et des Universités IGR-IAE de Rennes ont étudié en quoi une bonne communication environnementale peut être bénéfique pour l’entreprise. En utilisant la méthode de l’étude d’évènements et évaluant ainsi la quantité et la nature des informations environnementales diffusées par les entreprises avant et après les crises environnementales, ils viennent à la conclusion que plus le niveau de responsabilité sociale de l’entreprise est élevé – ou perçu comme étant élevé à travers sa communication, plus sa performance sur les marchés financiers aura tendance à résister en période de crise.

La perception du public a un impact sur la notation de l’entreprise

Une catastrophe environnementale peut avoir des impacts négatifs à long terme sur la réputation et la légitimité d’une entreprise. De plus, des crises environnementales à répétition projettent l’image sur les marchés financiers que l’entreprise ne maîtrise pas ses risques environnementaux, ce qui risque d’accroître la prime de risque en conséquence.

Les accidents industriels qui déclenchent des pressions sociales importantes sont plus susceptibles d’avoir un impact significatif sur les marchés financiers. Les parties prenantes internes et externes de l’entreprise sont également très susceptibles d’exercer beaucoup de pression au niveau environnemental.

La diffusion volontaire d’information sur la thématique du développement durable par les entreprises peut ainsi servir de réponse aux demandes des parties prenantes et des groupes de pression. La présente étude démontre d’ailleurs que les entreprises ayant une communication environnementale depuis longtemps sont moins affectées suite aux accidents industriels. La diffusion d’information environnementale suite aux accidents industriels est également importante afin d’assurer une communication transparente de la part de l’entreprise.

Conseils aux gestionnaires

    1. Soyez sensibles aux pressions sociales. Ces types de pression sont susceptibles de se manifester en cas d’accident industriel. Soyez donc attentifs aux pressions en matière environnementales. Ne négligez pas les pressions administratives (l’intervention de l’État pour limiter la pollution et la consommation excessive de certains biens naturels au moyen de réglementations ou de taxes) et sociétales (défense de l’environnement naturel, les associations de riverains, médias). Soyez également attentifs aux pressions issues du marché (clients, fournisseurs, assureurs, actionnaires ) et les pressions sectorielles (organisations du secteur d’activité qui peuvent constituer un contre-pouvoir aux pressions administratives).
    2. Maîtrisez vos risques environnementaux. La meilleure façon d’éviter les accidents est de maîtriser les risques environnementaux. Il est toujours moins couteux pour l’entreprise d’investir dans la prévention que payer les conséquences de l’accident.
    3. N’attendez pas qu’une crise environnementale survienne pour initier la communication environnementale de l’entreprise. Plus vous établirez cette communication tôt, mieux serez-vous préparés en cas de crise. Vos parties prenantes auront également une meilleure perception de votre entreprise.

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Source:

Bouaiss Karima et al., « Crises environnementales, marchés financiers et communication environnementale des entreprises: proposition d'une méthode d'évaluation des accidents industriels et des crises environnementales », La Revue des Sciences de Gestion, 2013/5 N° 263-264, p. 197-206

Résumé par

Coralie Hodgson et l'équipe du REDD