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La taille réduite des PME pourrait nous amener à croire que leur intérêt et leur capacité à adopter une démarche de développement durable est moindre. Deux groupes de chercheurs distincts, Sami Larbi et al. et Véronique Bon  et al, se sont penchés sur le sujet. Leurs recherches ont abouti sur certaines conclusions intéressantes concernant les facteurs favorisant l’adoption de mesures de développement durable au sein des PME ainsi que sur les caractéristiques spécifiques pouvant la favoriser ou lui nuire.

Intérêt manifeste mais manque de connaissances

Les recherches indiquent premièrement que les PME partagent le même intérêt pour le développement durable que les grandes entreprises. Elles le voient généralement de manière positive ainsi que les avantages qu’il peut leur amener.

Par ailleurs, contrairement à la pensée courante, les chercheurs ont découvert que la rentabilité économique ne semble pas être la motivation première en matière de développement durable. Les PME seraient en fait principalement motivées par des avantages juridiques ou symboliques. Par exemple, le fait d’anticiper ou répondre aux attentes réglementaires, améliorer la réputation de l’entreprise, être en phase avec les valeurs de la société constituent les principaux incitateurs aux comportements durables.

Ces mêmes recherches démontrent qu’une majorité de PME ne sait pas définir concrètement le concept de développement durable et a tendance à l’associer seulement à des mesures environnementales telles que la réduction des déchets, la gestion des polluants, etc.). Cette vision limiterait par conséquent l’intégration et l’évaluation des avantages d’une démarche tridimensionnelle de développement durable, intégrant les mesures économiques et sociétales aux mesures environnementales.

Les recherches suggèrent que cette définition incomplète du concept de développement durable découle en partie d’un manque d’accès à des connaissances professionnelles en la matière souvent, par contraintes financières.

Prédispositions à l’engagement au développement durable

Suite à leurs études respectives, les chercheurs apportent quelques perspectives quant aux prédispositions qui stimulent l’engagement des PME au développement durable. L’indépendance capitalistique des PME, pour les entreprises dont les capitaux sont détenus par un nombre restreint d’actionnaires, leur permet d’être moins soumises aux pressions des groupes externes et de bénéficier d’une plus grande marge de manœuvre pour engager une politique responsable.

Les recherches révèlent aussi que la flexibilité organisationnelle, c'est-à-dire une souplesse relative dans les processus de planification et de gestion, facilite la diffusion et la promotion interne des valeurs des dirigeants qui à leur tour sembleraient être des motivateurs très déterminants sur l’orientation des valeurs de l’organisation. Une entreprise flexible est également dynamique en ce sens qu’elle réussit à s’adapter aux changements de son environnement et effectue des apprentissages constants.

Un dynamisme qui permet d’aller plus loin

Les PME peuvent-elles alors déjouer les obstacles, tels que le manque de connaissances et de ressources, à l’adoption de mesures de développement durable? Il semblerait que oui. Intéressées, inspirées, flexibles et dynamiques, les PME peuvent se mobiliser pour pallier au manque de connaissance ainsi que de ressources quant au développement durable. 

Il s’avère alors utile de définir une stratégie d’entreprise qui permette à la PME de perdurer et d’atteindre ses objectifs plutôt que de se limiter à chercher un retour sur investissement à court terme. L’importance accordée aux mesures environnementales, conditions de travail, dialogue social avec les parties prenantes et à la communauté sont aussi des exemples de mesures qui peuvent permettre à une entreprise de perdurer de façon harmonieuse.

En savoir davantage :

http://nbs.net/fr/sujet/pme/

Sources

Ben Larbi Sami et al. , « Analyse typologique des déterminants de l'engagement des sociétés non cotées en matière de développement durable : Premiers résultats d'une enquête exploratoire »,  Recherches en Sciences de Gestion, 2013/3. N° 96, p. 153-177.

Bon Véronique et al., « Les pratiques de développement durable et de RSE en région PACA : la spécificité des petites entreprises en question », Recherches en Sciences de Gestion, 2013/3, N° 96, p. 179-197.

Résumé par

Coralie Hodgson et l'équipe du REDD