Le partenariat complexe ayant mené à l'Entente sur la forêt boréale canadienne

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En 2010, l’Entente sur la forêt boréale canadienne a créé une nouvelle approche pour gérer l’immense forêt boréale canadienne, qui présente une énorme valeur écologique et économique ainsi qu’une grande valeur pour les communautés locales.

L’entente est issue d’un partenariat entre neuf groupes environnementaux et 21 entreprises forestières, dirigées par leur association industrielle. Le partenariat comprend également des représentants des gouvernements et des communautés.

Les négociations qui ont abouti à l’entente ont été difficiles. « Les négociations ont progressé graduellement, et plus souvent à force de réunions éreintantes plutôt que grâce à une percée unique. Les querelles étaient nombreuses, autant au sein des différentes factions qu’entre elles. » Mais les deux parties savaient qu’une entente était nécessaire. Les boycotts des environnementalistes et les poursuites judiciaires menaçaient l’industrie du bois d’œuvre et les ONG à elles seules ne parvenaient pas à atteindre leurs objectifs de protection du territoire.

« Lorsque nous étions réunis dans la pièce, notre objectif consistait à trouver une solution conjointe, dit Avrim Lazar, chef de l’association industrielle des produits forestiers. Lorsque vous travaillez ainsi sur une longue période, vous finissez par devenir une communauté. Graduellement, la confiance s’établit, la confiance les uns envers les autres, l’honnêteté les uns envers les autres. »

L’entente finale comprenait de nouvelles normes de gestion de la forêt ainsi qu’un moratoire sur l’exploitation forestière dans certains secteurs. Les ONG se sont engagées à cesser de boycotter les entreprises forestières participantes. À l’avenir, les partenaires mettront en place des plans d’action en matière de rétablissement des espèces ainsi que des lignes directrices pour améliorer la gestion des écosystèmes et les pratiques forestières. « L’entente vise à assurer aux acheteurs mondiaux que nos produits sont durables, dit M. Lazar; les produits forestiers canadiens bénéficieront d’un avantage sur un marché concurrentiel. »

Cependant, le maintien du partenariat présente de nombreux défis. Deux ONG ont quitté la table, car elles estiment que les progrès réalisés sont insuffisants et qu’un partenaire a manqué à l’entente. Le cabinet comptable KPMG, chargé des évaluations annuelles, a déclaré, à l’issue de la première année, que « les progrès se font attendre ».

Le partenariat s’efforce de soutenir davantage le processus, par exemple, en instaurant un forum de « courants sous-jacents » pour permettre aux membres d’exprimer leurs préoccupations.

Résultat

Le partenariat a débouché sur une nouvelle approche de gestion pour 72 millions d’acres de forêt boréale, après des années d’acrimonie entre les environnementalistes et l’industrie forestière. L’entente favorise la conservation de la forêt et la compétitivité du secteur forestier.

Leçons apprises

Les partenariats complexes avec des objectifs élevés et de grande envergure sont remplis de défis. Ils présentent un potentiel de malentendus et d’incompréhension des actions des autres ainsi que de manquements à l’entente.

Les processus sont essentiels : p. ex. renouveler l’engagement des parties à l’égard des principes, surveillance de la conformité et occasions de reprendre les négociations.

Sources

Gray, B. et Stites, J.P. Sous presse. Advancing sustainable business through multi-sector “collaborative” partenariats: A systematic review. Réseau entreprise et développement durable.

Struck, D. 2010. Finding common ground. Trust Magazine. Disponible à l’adresse http://www.pewtrusts.org/news_room_detail. aspx?id=61887.