L’exemple de l’étiquetage écologique chez Loblaws

par

Le détaillant canadien Loblaws a commencé à s’intéresser aux produits de la mer durables dans le cadre de son initiative générale de RSE et après avoir été ciblé par Greenpeace, qui exhortait publiquement la société à adopter de nouvelles politiques d’approvisionnement en produits de la mer. Le président et chef de la direction de Loblaws a mis son équipe de direction au défi d’aller de l’avant sur cette question, même si les répercussions sur la rentabilité étaient incertaines.

Afin de donner suite à cette problématique, Loblaws s’est appuyée sur ses relations existantes avec les ONG, notamment avec WWF-Canada et le Marine Stewardship Council (la société a également consulté d’autres parties prenantes, p. ex. dans le cadre de discussions trimestrielles). Selon Hadley Archer, vice-président du WWF, Loblaws s’est tournée vers l’équipe de WWF-Canada en raison de ses connaissances scientifiques, de son expertise, de son expérience et de sa crédibilité; en contrepartie, WWF-Canada bénéficiait de l’importante part de marché et du pouvoir de Loblaws. « Ce [partenariat] est différent et unique, dit M. Archer. Ils nous considèrent comme un membre de l’équipe et comme un partenaire, pas seulement comme une ONG dont ils doivent satisfaire les exigences. »

En 2009, Loblaws a pris l’engagement de s’approvisionner en produits de la mer durables d’ici la fin de 2013, objectif qu’elle est en bonne voie d’atteindre. La société a déclaré des résultats positifs : ventes record de produits de la mer et amélioration de la disponibilité et de la qualité des produits de la mer, voire certaines baisses de coûts. Pour Greenpeace, Loblaw n’est plus un ennemi, mais un défenseur des océans.

Les actions de Loblaws ont entraîné des effets plus vastes sur la chaîne d’approvisionnement. Par exemple, lorsque la société a constaté la pénurie de morue durable, elle s’est engagée dans un partenariat à plus long terme pour améliorer la pêche dans l’Est du Canada. Ce partenariat, qui comprend WWF, le gouvernement du Canada ainsi que des représentants des transformateurs de poisson et des syndicats de pêcheurs, bénéficiera à Loblaws ainsi qu’à de nombreuses autres parties prenantes.

Résultats :

Loblaws a atteint son objectif de s’approvisionner uniquement en produits de la mer durables. Ses ventes de produits de la mer ont atteint un record et la société a amélioré la qualité ainsi que la disponibilité des produits de la mer et réduit certains coûts.

Leçons apprises :

Les différents types de partenariat sont conçus pour produire différents résultats à court terme (p. ex. innovation au sein de l’entreprise par opposition à une gestion des ressources plus vaste). Mais les résultats à long terme ont souvent tendance à converger : un partenariat axé sur un objectif peut déboucher sur des changements de plus grande envergure.

Source principale

Cette série d’articles découle d’un rapport exécutif produit par le REDD et intitulé Les partenariats au service du développement durable. Celui-ci fût élaboré à la suite d’une revue systématique menée par Dr. Barbara Gray et Jenna Stites de l’Université d’État de la Pennsylvanie. Elles ont passé en revue plus de 275 articles et rapports pertinents, y compris les meilleures recherches universitaires actuelles. Elles ont effectué des analyses et des synthèses approfondies en vue de définir les pratiques exemplaires en matière de partenariats multipartites.

Source secondaire

Steele, B. et Feyerherm, A. 2013. Loblaw sustainable seafood: Transforming the seafood supply chain through network development and collaboration. In C.G. Worley & P.H. Mirvis (Eds.), Building networks and partenariats. Emerald Group Publishing: 101-132.