Obstacles et astuces pour agir en réponse aux changements climatiques

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Un donateur anonyme a récemment offert de l’argent à l’Université Trent non pas pour financer une bourse étudiante ou une chaire de recherche – mais pour offrir de nouvelles ampoules à l’université.

Le donateur a couvert les coûts des investissements visant à remplacer les anciennes ampoules à rendement inférieur par de nouvelles ampoules plus efficaces permettant de réduire environ de moitié la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre de l’université. L’intérêt de ce don tient au fait que ces investissements engendreront des gains économiques année après année sous la forme d’économies des coûts énergétiques et d’exploitation pour l’université. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les émissions mondiales doivent être réduites de 50 % à 80 % dans les décennies à venir pour que le réchauffement climatique ne dépasse pas la limite de 2oC. Bien que le taux de réduction puisse faire l’objet de nombreux débats, il ne fait aucun doute que les organisations, qu’elles œuvrent dans les secteurs privé, à but non lucratif ou institutionnel, ont la responsabilité morale de faire leur part.

La préparation joue un rôle clé
Les entreprises peuvent mettre en place de nombreuses activités pour se préparer aux changements climatiques : elles peuvent réduire les émissions de gaz à effet de serre de leurs propres activités, convaincre et encourager les réductions sur l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement, réduire leurs émissions par le biais des systèmes de compensation et d’échange ou adapter leurs pratiques et leurs produits dans la perspective d’un climat en évolution. Le plus difficile consiste à mettre ces projets en pratique. Les chercheurs en gestion Ans Kolk et Jonatan Pinkse ont examiné les initiatives mises en œuvre par 136 entreprises en réponse aux changements climatiques. Ils ont découvert que les deux tiers d’entre elles s’étaient fixés des objectifs de réduction, mais n’avaient toujours pas à ce jour mis en œuvre d’activité pour les atteindre. Lorsqu’il s’agit de mettre leurs projets en pratique, pourquoi certains secteurs et organisations prennent-ils la tête tandis que d’autres demeurent à la traîne? La vérité est simple, certaines organisations attendent des directives explicites, alors que d’autres saisissent les changements climatiques comme une opportunité, elles sont à l’affût des revenus que pourront procurer les investissements stratégiques liés au climat.

Facteurs de motivation
Les forces motrices les plus importantes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre comprennent la possibilité de nouvelles réglementations gouvernementales, les normes volontaires mises en place par l’industrie, les pratiques financières et comptables qui attribuent un prix implicite au carbone, les attentes accrues des consommateurs en matière d’environnement, les campagnes des ONG et les gains qui découlent des économies d’énergie. Plus simplement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre peut créer un avantage concurrentiel pour votre entreprise et améliorer votre réputation. Néanmoins, il existe également de nombreux obstacles externes et internes au changement. Les obstacles externes, systémiques – tels que l’absence de politiques nationales et internationales sur les changements climatiques – sont source de grandes incertitudes chez les gestionnaires.

Obstacles culturels
À l’interne, la culture organisationnelle peut constituer un écueil de taille. Les obstacles culturels comprennent les cadres supérieurs qui ne considèrent pas les changements climatiques comme une priorité majeure, la perception interne selon laquelle les coûts des initiatives de développement durable sont trop élevés, les cultures organisationnelles résistantes au changement ou encore la faiblesse des capacités de gestion. Une compréhension nuancée de chacune des cultures présentes au sein de l’organisation est nécessaire pour surmonter ces obstacles. Alors, comment pouvez-vous jeter des ponts pour vaincre ces difficultés de mise en œuvre? D’abord, la reconnaissance des facteurs de motivation et des obstacles propres à votre organisation revêt une importance primordiale. Ensuite, devenez un champion du changement en mettant l’accent sur les avantages et les opportunités générées par vos initiatives et formez des coalitions de soutien pour faire avancer les projets. Il n’existe pas de solution parfaite : il faut simplement se lancer puis apprendre et s’améliorer au fil du temps.

Trois conseils

Utiliser moins d’énergie à la maison
Il existe une multitude de moyens pour réduire votre consommation d’énergie à domicile : éteignez les lumières non utilisées, lavez votre linge à l’eau froide, faites-le sécher sur une corde ou un étendoir plutôt que dans une sécheuse hautement énergivore.

Améliorer l’efficacité énergétique de votre maison
Près de 25 % des pertes d’énergie dans un bâtiment passent par les fenêtres. De nouvelles fenêtres écoénergétiques ou des moyens simples de recouvrement ou de calfeutrage peuvent vous aider à réduire vos coûts énergétiques.

Faites de meilleurs choix
Assurez-vous de connaître l’impact de vos achats et les options qui se présentent à vous : choisissez des appareils qui portent le sceau ENERGY STAR, des produits en bois approuvés par le FSC et des produits en plastique sans PVC ou PET.

*Cet article est une traduction de « Barriers and Bridges to Climate Change Action » paru dans le National Post, juin 2010m, Supplément no. 1, p. 2.