Vidéos finalistes du concours Focus RSO 2015

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Le gala du concours Focus RSO a eu lieu le 29 octobre 2015 au Coeur des sciences de l'Université du Québec à Montréal. Le public présent a pu y découvrir les vidéos finalistes lors d'un 5@7 convivial.

Animé par Guy Gendron, chargé de projets technopédagogiques à l'UQAM, le gala a permis de dévoiler le grand gagnant du concours 2015 parmi 3 courts métrages finalistes. C'est l'équipe de réalisation du court métrage sur l'entreprise Baleco qui a enlevé les honneurs!

Nous sommes d'ailleurs heureux de partager les vidéos des finalistes avec, en prime, les commentaires du jury.

1ère place : « Baleco » réalisé par Stanislas Frizon, Luc Content, Marc-Antoine Dionne et Brieuc Goupil

Bien qu'elles occupent une place prépondérante dans l'économie québécoise, nous savons que les PME sont néanmoins peu représentées dans les études en DD et en RSO et qu'elles sont également moins visées par les réglementations, lois et diverses initiatives gouvernementales en matière de gestion environnementale que la grande entreprise. Dans ce contexte, il est toujours pertinent d'aller voir ce qui se fait et se vit dans la petite entreprise en matière de RSO.

Dans ce court métrage, l'équipe a voulu mettre de l'avant et faire découvrir une entreprise peu connue qu'elle considère comme « un bon exemple d'entreprise socialement responsable ». On y interroge Anie Rouleau, présidente et fondatrice d'une jeune entreprise manufacturière qui a développé « une gamme de produits nettoyants, biodégradables, sans fragrance, sans colorant » avec un souci marqué pour la santé et l'environnement. La vidéo est simple et sans artifice, peut-être même sans grande originalité, mais elle a le mérite indéniable d'être efficace, engageante, informative et bien réalisée. Avec de vrais plans de caméra, une bonne musique, ainsi qu’une prise sonore de qualité, elle témoigne du travail soigné effectué par les étudiants. Le choix de l'entreprise et davantage encore, de la personne interviewée est fort judicieux. Il s'agit d'une leader dynamique et articulée, en plus d'être animée d’une belle vision du DD. Mentionnons cependant l'utilisation d'une seule source d’information. Bien que fort crédible, cette seule source ne permet pas de prendre de recul ou d’effectuer de comparaison.

Les questions posées sont pertinentes, et démontrent une bonne compréhension des concepts de la RSO et le contenu y est bien structuré. On y aborde notamment : la production locale et la distribution (avec l’utilisation du vrac en tant que stratégie de réduction des emballages); l'approche ou la stratégie de commercialisation de l'entrepreneure et sa clientèle; le choix des certifications pertinentes pour l'entreprise en fonction de son industrie et du marché visé; etc. Bref, le jury aura apprécié le dynamisme et le caractère informatif de la vidéo qui présente des explications simples, claires et pertinentes (par exemple sur les critères de biodégradabilité et la certification B Corporation), en d'illustrer concrètement les efforts d'application de principes de RSO et DD au contexte et à la stratégie de l'entreprise. C'est par ailleurs l'effort de contextualisation qui en fait un exemple si pertinent. Pour toutes ces raisons, ce court-métrage s'est mérité la plus haute note du jury. Félicitations!

2ème place : « Concept Fruits et Légumes » réalisé par Mylène Boso, Stéphanie Cyr, Isabelle Laplante, Mathieu Magnan-Deschamps, Sonia Potvin et Julie Roseberry

De nombreux regards se tournent aujourd’hui vers les externalités négatives produites par notre système alimentaire conventionnel, à cause de ses impacts environnementaux, sociaux ou encore en termes de santé. Mais comment le faire évoluer ? La vidéo présentée ici nous permet de découvrir une initiative intéressante, à travers le portrait inspirant d’un jeune entrepreneur, Jean-Mathieu Touchette-Viau, et de son projet : « Les kiosques CFL » (Concept Fruits et Légumes).

A travers une mise en scène dynamique et inventive, la genèse du projet, les choix opérés et les principaux défis sont présentés avec clarté. Le témoignage de l’entrepreneur permet de saisir la manière dont il a conçu son projet et les partenariats noués, avec les producteurs locaux comme avec les épiceries, ou encore son système de franchise. Le spectateur comprend donc très facilement les enjeux logistiques aussi bien que sociaux, économiques et environnementaux d’un tel projet, qui s’inscrit dans un mouvement actuel beaucoup plus large d’ébauches de systèmes alimentaires alternatifs au Québec (promotion des circuits courts, agriculture urbaine, marchés de quartier, etc.). On peur regretter que cette mise en perspective ne soit pas développée, car elle aurait permis de saisir à la fois les enjeux communs mais aussi les spécificités de ce projet, par rapport à bien d’autres. En l’état, la présentation reste parfois trop captive du témoignage de l’entrepreneur, tandis qu’un recul, analytique et critique, aurait permis d’enrichir notre compréhension des réussites mais aussi des limites de ce projet.

3ème place : « McDonald » réalisé par Jean-Philippe Lagueux, Khaled Antably, Kira Marquis et Ken Balan

Quand on sait à quel point la restauration minute de McDonald a été clouée au pilori – pensons seulement à ces documentaires qui ont dénoncé les impacts de la malbouffe et aux très nombreuses études sur le sujet – il fallait à cette équipe d’étudiants un certain aplomb, pour ne pas dire un certain toupet, pour présenter, comme l’indique le titre de leur production, la face cachée d’un géant de la malbouffe qui serait, finalement, beaucoup plus socialement responsable qu’on le croit.

Pour ce faire, les sept éléments de la RSE contemporaine de Pasquero sont systématiquement passés en revue, en y apportant pour chacun une argumentation critique et pertinente. On y montre aussi de nombreux exemples de sensibilité de l’entreprise aux enjeux mis de l’avant par différentes parties prenantes. Enfin, les impacts écologiques et sociaux des activités de cette entreprise mondiale sont bien expliqués.

Cette production bien structurée témoigne d’une bonne recherche. Plusieurs sources ont été sollicitées. La narration est claire et la trame sonore est de bonne qualité. Les images et les séquences vidéos sont variées et elles ne manquent pas d’humour avec ces clins d’œil à des films bien connus.

Si les juges ont apprécié la hardiesse de l’idée originale de cette vidéo, ils se sont par contre interrogés sur la pertinence de tous ces emprunts en se demandant s’ils venaient renforcer le message ou simplement divertir de l’essentiel du propos.

Malgré tout, par l’originalité de son montage et l’audace de son propos – le côté «avocat du diable» –, de même que son humour rafraichissant, les juges ont considéré que cette vidéo méritait d’être considérée comme finaliste au concours FOCUS RSO.